>> Accueil > Actualités juridiques > Proscription de l’écriture inclusive


Actualités juridiques

Proscription de l’écriture inclusive


2196  PROFESSION 03|01|2018


L’écriture inclusive est l’ensemble des attentions graphiques et syntaxiques qui permettent d’assurer une égalité de représentation des 2 sexes, par exemple « artisan.e ».

Il est demandé à Madame la secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, si des actions de promotion de l’écriture inclusive peuvent être envisagées afin de décrisper le sujet et pour que sa pratique soit simplement perçue pour ce qu’elle est vraiment, à savoir un moyen grâce au langage de faire évoluer les mentalités vers une égale représentation des femmes et des hommes.

En réponse, Madame la secrétaire d’État indique que le gouvernement, via une circulaire du Premier ministre du 21 novembre 2017, a clairement exprimé les règles à respecter dans le cadre des actes administratifs : les textes qui désignent la personne titulaire de la fonction en cause doivent être accordés au genre de cette personne, suivant les règles énoncées par le guide d’aide à la féminisation des noms de métier, titres, grades et fonctions élaboré par le Centre national de la recherche scientifique et l’Institut national de la langue française, intitulé « Femme, j’écris ton nom… ».

En revanche, les pratiques rédactionnelles et typographiques visant à substituer à l’emploi du masculin, lorsqu’il est utilisé dans un sens générique, une graphie faisant ressortir l’existence d’une forme féminine est à proscrire. Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l’État doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme.

Le Haut-Commissariat à l’Égalité entre les femmes et les hommes a publié en 2015 un rapport pour une communication publique sans stéréotype de genre.

Ce rapport s’attache à faire des propositions pour lutter contre l’invisibilité des femmes dans la communication publique, notamment : éliminer toutes expressions sexistes, accorder les noms de métiers, titres, grades et fonctions, user du féminin et du masculin dans les messages adressés à tous et à toutes, utiliser l’ordre alphabétique lors d’une énumération, présenter intégralement l’identité des femmes et des hommes, ne pas réserver aux femmes les questions sur la vie personnelle, diversifier les représentations des femmes et des hommes, veiller à équilibrer le nombre de femmes et d’hommes et former les professionnels.

Source : Rép. min. n° 1514 : JOAN, 12 déc. 2017, p. 6361, Rauch I.