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Actualités juridiques

Seul un quart des travaux de rénovation dans les maisons individuelles a un impact énergétique


2742  ACTES COURANTS - IMMOBILIER 07|12|2018


Selon les résultats de la dernière enquête « Travaux de rénovation énergétique des maisons individuelles » de l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie), seules 25 % des rénovations achevées à la fin 2016 ont eu un impact énergétique significatif, sous la forme d'un changement de classe, et 5 % ont eu un impact énergétique important avec un saut de deux classes ou plus.

Cette enquête a été menée auprès de 29 253 ménages résidant dans des maisons individuelles en France continentale, et ayant achevé en 2016 des travaux de rénovation lancés entre 2014 et 2016.

Au-delà des résultats, l'étude met également en évidence « les motivations, les freins des ménages et les aspects financiers » et révèle un fort écart entre la perception des ménages et la réalité de l'impact énergétique.

Sur les trois années étudiées, 5,1 millions de ménages (un tiers du parc) ont procédé à des travaux de rénovation sur leur maison individuelle pour un montant moyen de 11 750 €, soit une dépense totale de l'ordre de 60 milliards d'euros.

L’enquête retient « sept grands constats » :

- le premier d'entre eux est qu'améliorer son confort – au sens large – constitue le principal motif de réalisation des travaux (cité par huit ménages sur dix). La réduction de la facture énergétique vient seulement ensuite, avec 50 % de citations. L'étude montre aussi que la gestion de pannes et de sinistres est le facteur qui engendre le plus de travaux sur le périmètre de l’enquête ;

- le second constat, qui peut expliquer pour partie les résultats médiocres en termes d'amélioration énergétique, est que l'accompagnement des ménages n'est pas à la hauteur des besoins exprimés. Ainsi, seuls 15 % des ménages concernés ont bénéficié d'informations et d'un accompagnement. L'étude montre aussi que les architectes indépendants jouent un rôle important dans le conseil énergétique aux particuliers ;

- le troisième constat est que, d'un point de vue technique, les ménages ont le réflexe de commencer par l'isolation, mais oublient la ventilation. L'enquête montre ainsi que les ménages privilégient l'isolation du bâti plutôt que le changement de chauffage. Fenêtres, toitures et isolation des murs constituent ainsi le « trio de tête de travaux ». Autre constat positif : 65 % des ménages réalisent des bouquets de travaux (consistant à agir sur au moins deux postes de travaux à la fois) ;

- le quatrième constat est que les rénovations répondent aux motivations des ménages et leur donnent satisfaction. En contradiction avec les résultats effectifs, 83 % des ménages ayant réalisé des rénovations estiment que les travaux ont amélioré le confort thermique de leur logement et 61 % observent des réductions des dépenses énergétiques dès la fin des travaux. Ces taux montent respectivement à 94 % et 74 % pour les 260 000 ménages ayant réalisé des rénovations débouchant sur deux sauts de classe énergétique ou davantage ;

- le cinquième constat découle directement du précédent : la perception des ménages sur l'état de leur logement ne facilite pas l'atteinte des objectifs politiques. Le décalage entre la réalité et la perception des ménages fait que 27 % des ménages ayant réalisé des rénovations pendant la période étudiée estiment que tous les travaux de maîtrise de l'énergie sur leur maison ont été réalisés, alors que, selon les résultats de l’enquête, seules 5 % des rénovations menées ont eu un impact énergétique important (saut de 2 classes énergétiques ou plus) ;

- le sixième constat est que, dans la mesure où les Français sont nombreux à rénover leur logement, l'enjeu réside moins dans la massification des travaux que dans l'embarquement de la performance énergétique. Pour améliorer les résultats, il s'agit donc d'intégrer plus fortement la composante énergétique dans les travaux de rénovation et de les prioriser davantage ;

- enfin, le septième et dernier constat confirme l'ampleur de la tâche à accomplir, si l’on veut parvenir à un parc de logements au niveau BBC (bâtiment basse consommation) à l'horizon 2050.

Source : Localtis, act. 29 oct. 2018 ; ADEME, act. 17 oct. 2018